Le rap : une mauvaise influence pour la jeunesse ?!
- 1erroundpro

- 20 juin 2022
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 déc. 2025
Le mouvement Hip-Hop est né dans les ghettos américains à New York, au cours des années 1970. Il s'est ensuite exporté dans le monde entier à partir des années 1980, notamment grâce au rap qui est l'un des 5 piliers fondateurs de cette culture urbaine (avec le graffiti, le beatbox, le breakdance,et le DJing).
Ainsi, le rap s'est rapidement imposé en France comme étant l'un des styles musicaux les plus écoutés parmi les jeunes générations. Il est donc passé du statut de « musique marginale et underground », à une véritable industrie musicale générant plusieurs millions d'euros chaque année.
Toutefois, le rap semble s'être de plus en plus éloigné du fameux message original « Peace, Unity, Love and Having Fun » (pour célébrer « la Paix, l'Unité, l'Amour et la Joie »), se rapprochant dangereusement d'un message plus « hardcore », faisant la promotion des drogues, de la violence des gangs, des armes et du sexe...
C'est ici que le débat devient nécessaire.
En effet, le rap est sûrement la musique la plus à même de délivrer un message puissant à celles et ceux qui l'écoutent. La structure même du rap, qui repose sur une succession de rimes scandées à partir d'un certain rythme, est de nature hypnotique. C'est sa principale force, et c'est dans cette apparente simplicité que réside toute son originalité.
L'utilisation de samples et d'une boucle musicale est une idée de génie. Elle permet à cette musique d'établir une connexion immédiate avec l'auditeur qui reçoit les paroles prononcées, grâce à un certain rythme répétitif et cadencé. L'information est alors transmise directement du sujet émetteur (le rappeur) au sujet récepteur (l'auditeur, ou « le consommateur »), tout en restant très accessible pour la grande majorité des gens.
En extrapolant légèrement, on pourrait assimiler la technique du rap à un certain principe de transe chamanique utilisé dans les rituels mystiques, qui vise à transporter les Hommes dans un état de conscience modifié. Pour rester plus terre à terre, disons simplement qu'il s'agit d'un moyen de communication très efficace pour la transmission d'un message et d'un univers artistique.
Fondamentalement, le rap est une forme d'énergie. Ainsi, réduite à sa forme la plus pure, cette musique n'est que l'expression d'une forme d'énergie particulière que cherche à exprimer et à transmettre l'artiste à travers ses textes. Celle-ci peut être de nature positive ou négative, selon les émotions transmises à travers le choix du flow, des différentes images mentales qui sont rattachées au texte, du placement de la voix, etc... Dans tous les cas, l'influence que provoque cette énergie sur la personne qui l'absorbe n'est pas négligeable, puisqu'elle impacte de manière automatique les personnes qui l'écoutent et qui s'identifient aux paroles prononcées.
Évidemment, il ne s'agit pas de censurer un art qui a permit l'émergence d'une certaine liberté d'expression et d'une forme d'indépendance d'esprit. Bien au contraire. Il s'agit simplement de prendre conscience du pouvoir extraordinaire que représente cette arme de distraction massive.
Personne ne peut nier le rôle déterminant qu'a pu jouer le rap dans l'éducation d'une partie de la jeunesse. Les messages véhiculés à travers certains morceaux ont participé à des revendications qui étaient nécessaires et constructives, mais également à la prolifération d'une certaine « mentalité racaille » (que je décris dans la vidéo "je hais les racailles", sur ma chaîne YouTube 1er Round). Cette mentalité racaille n'a rien à voir avec une quelconque origine sociale, ethnique, ou bien une idéologie politique, mais elle découle d'un constat réel et inquiétant, à savoir, la banalisation d'actes d'une gravité extrême et de comportements destructeurs.
En effet, par un phénomène d'inversion total des valeurs, certains rappeurs sont parvenus à styliser et à rendre acceptable le mal, en glorifiant la misère et la bêtise. L'imagerie des clips de rap, le flow allié aux poids des mots et couplé à l'énergie transcendante de la musique, donnent une efficacité redoutable aux textes, qui s'incarnent de manière beaucoup plus concrète et immédiate que sur n'importe quel support artistique, pour peu que l'on y soit un minimum sensible.
L'absence de prévention autour des textes de rap est donc problématique, car il devient très difficile pour beaucoup de jeunes de distinguer entre ce qui relève de la réalité et de la fiction. Les codes sont plus flous et la barrière qui sépare l'œuvre imaginaire de la vrai vie est beaucoup plus mince qu'au cinéma. La créativité des rappeurs ne devrait pas être entravée, sous prétexte que leur musique pourrait nuire à un certain public, mais il serait nécessaire de faire prendre conscience aux jeunes du danger que peuvent représenter certains pièges qui leurs sont ouvertement tendus.
Toutefois, il ne faut pas oublier que ce pouvoir de la musique reste également accessible aux rappeurs engagés qui souhaiteraient promouvoir un message motivant et positif, ou tout simplement apporter un divertissement de qualité, fédérateur et intelligent. Tout est une question de volonté, de valeurs, et d'ambition, ce qui devrait dépasser de loin les éventuels enjeux commerciaux, pour les artistes réellement passionnés.
Pour conclure, malgré ce constat amer, mon amour pour le rap reste intact après toutes ces années, à la fois en tant qu'amateur et auditeur. Et c'est justement cette passion qui me motive à voir évoluer cet art de rue loin de la tendance... mais toujours dans la bonne direction !
Benji.
20/06/2022

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